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épargner sur son livret a

Epargne

Lobbying bancaire anti doublement du plafond du Livret A

Comme tout le monde le sait, au cours de ces derniers mois, François Hollande a accordé beaucoup d’importance à différents sujets dans son programme. On retiendra notamment les propos tenus visant à relancer l’économie par la croissance, l’embauche de 60 000 personnes en plus à l’éducation nationale, la diminution de 30% des salaires des ministres et du président, ou encore le doublement du plafond du Livret A.

Pour rappel, les deux anciens candidats à la présidentielle, à savoir, François Hollande et Nicolas Sarkozy tenaient un discours totalement différent concernant cette mesure de doublement de seuil de dépôt qui ferait relever le tout de 15 300 à 30 600 euros. L’ex-candidat de gauche soulignait les avantages qui permettraient d’attirer jusqu’à 20 milliards d’euros supplémentaires, alors que le président sortant a préféré maintenir le plafond actuel puisque selon lui, il s’agirait d’une mesure injuste. En effet, d’après Nicolas Sarkozy, on favoriserait les plus aisés à défiscaliser davantage de leur argent. Les deux thèses peuvent donc avoir des avantages et des inconvénients selon les intérêts particuliers et à plus grande échelle au niveau du pays.

Jusqu’aux élections du dimanche 6 mai dernier, les médias avaient largement relayé l’actualité relative au doublement de plafond, désormais, c’est un nouveau sujet qui est au cœur du débat. En effet, les banques semblent totalement opposées à la mise en place de cette mesure.

Si le plafond passe à plus de 30 000 euros, le nouveau président français espère dont apporter une collecte pouvant s’élever à quelques 20 milliards d’euros supplémentaires par an. Toute cette manne financière permettrait d’augmenter les fonds alloués à la construction des logements sociaux. Cependant, les groupes bancaires ne sont pas spécialement favorables à une telle réforme pour une raison assez simple qui est la pénalisation des bilans comptables.

Le risque est que les épargnants retirent leur argent des produits bancaires fiscalisés à 100% conservés par les établissements bancaires, pour placer le tout sur un Livret A, dont 65% des fonds sont gardés par la Caisse des Dépôts et des Consignations (CDC).

Moins d’épargne dans les bilans

Cette mesure vient à l’encontre des futures normes de Bâle 3 où il est demandé aux banques d’avoir davantage d’épargne à ajouter au bilan. Ces établissements financiers vont donc se retrouver dans l’obligation de se financer sur les marchés, ce qui entrainerait un surcoût pouvant atteindre les 320 millions d’euros pour l’industrie bancaire. Naturellement, un lobbying (voir définition de lobbying ici) s’oppose à cette démarche.

Des avis différents d’une instance à l’autre

La Fédération bancaire française pense que le problème n’est pas tant dans le financement des logements sociaux, mais plutôt dans la rareté du foncier (comme on peut le voir dans la vidéo ci-dessous). Les acteurs du logement sont de l’avis opposé puisqu’ils estiment que de nombreux terrains vont se libérer dans les cinq années à venir (promesse de François Hollande de fournir des terrains de l’État en vue d’y construire des logements sociaux).

L’objectif des 150 000 nouveaux logements sociaux par an sera-t-il atteint ?

Quoi qu’il en soit, il semble que la mise en place de cette réforme soit nécessaire pour atteindre l’objectif des 150 000 nouveaux logements sociaux prévus par an. D’ailleurs, elle sera d’autant plus importante que les fonds alloués au logement social ne cessent de diminuer en favorisant d’autres secteurs de l’épargne comme le financement des entreprises et des collectivités locales.

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